- Vers une « médecine augmentée », éthique et souveraine : la Tunisie face au défi de la transformation numérique.
iT-News (la donnée devient un outil médical) – Le coup d’envoi de la 11ᵉ édition du Forum international de la santé numérique a été donné ce vendredi 3 avril 2026. Après un hommage poignant au regretté Dr Slim Ben Salah, éminent chirurgien et pilier du comité scientifique, Taïeb Zahar, président du Forum et du groupe « Réalités », a livré un plaidoyer visionnaire pour une refonte globale du système de santé tunisien.

La donnée : nouveau pilier du diagnostic
Pour Taïeb Zahar, nous vivons une rupture historique. Nous quittons l’ère du dossier papier et de l’organisation hospitalo-centrée pour entrer dans celle de la donnée stratégique. « La santé 4.0 n’est pas une évolution, mais un changement de paradigme », a-t-il affirmé. Dans ce nouveau modèle, la donnée ne se contente plus d’archiver le passé : elle devient un « outil médical à part entière », capable d’orienter les décisions en temps réel.
Les trois piliers de la révolution 4.0
Ce basculement repose sur une transformation radicale de l’approche clinique :
- La centralité du patient : Le système s’articule désormais autour de l’individu et non plus des structures.
- La médecine prédictive : Grâce à l’IA, le soin n’est plus seulement réactif mais anticipe les pathologies.
- L’intégration totale : Une interconnexion fluide entre les différents acteurs de la santé pour briser les silos.
IA et Jumeaux numériques : un actif stratégique
L’un des points forts de l’intervention a été l’évocation des « jumeaux numériques » et de l’IA comme assistants à la décision. Ces technologies ne sont plus des gadgets, mais des leviers qui transforment les données de santé en un « actif stratégique » pour la nation, permettant de mieux prévenir et de mieux traiter.

La Tunisie : des atouts à structurer
Saluant les efforts du ministère de la Santé (Hôpital numérique, plateformes NJA), Taïeb Zahar a rappelé que la Tunisie dispose d’un capital humain d’exception et d’un écosystème technologique dynamique. Le défi majeur reste désormais la structuration de cet écosystème pour garantir la souveraineté des données et une équité d’accès aux soins sur tout le territoire.
« La médecine de demain sera plus connectée et plus prédictive. Il est temps de passer de la réflexion à l’action pour construire cette médecine augmentée », a-t-il conclu.


































